20.09.2008
Toujours en marche
Je marche lentement sur la plage
Je pense à lui qui n’est plus une silhouette indéfini dans la barre du jour.
Son arrivée dans ma vie m’aide à prendre conscience où j’en suis rendue avec mon redressement intérieur. Je ne me connais plus, ne me reconnais plus dans une relation intime homme/femme. J’ai des agissements nouveaux qui me sont étrangers et ils surviennent naturellement Je ne possède plus de cachettes ou une porte panique pour m’aider à couper ou à m’enfuir. Les cachettes et la porte panique c’est parfait pour ne pas être complètement en relation. C’est un faux protège douleur.
En 2000 quand j’ai recommencé à écrire c’est sous l’effet d’un coup de foudre non réciproque. Dans mon recueil Dépassionner pour croître il y a un texte que j’apprécie toujours car il représente mon idéal amoureux, du moins la vision à laquelle j’aspire :
Revers
L’aimer dans le revers du masque
Là où il est égoïste, indomptable et prisonnier
Je désire
Défaire un couple avec lui
Tenter l’inconnu
Essayer l’inconcevable
Réinventer
Créer une union
Sur mesure démesurée
Dans la vision de l’autre
Découvrir une individualité collective
L’aimer dans le revers du masque
Là où il est silencieux dur et amer
Innée
19 avril 2001
Extrait : Dépassionner pour croître
J’ajouterais bien au-delà de l’attirance physique -qui a tout de même son importance- que je désire surtout une communication ouverte, franche ou transiger est la force des deux.

Je marche toujours en regardant l’horizon, la mer est calme aujourd’hui.
Je regarde dans ma main une graine d’un début de quelque chose qui fait rêver.
Je m’assois sur le sable,
J’entoure, mes jambes en demi-flexion, de mes bras.
Le menton accoté sur mes genoux.
Mon poing refermé sur cette graine d’espoir.
J’ai souvent écrit je t’aime sur le sable avec mon doigt
Les vagues finissaient toujours par venir l’effacer.
La grande question que je me pose :
Advenant que je la dépose en terre serais-je seule pour en prendre soin ?
Et si je ne suis pas seule pour voir à sa croissance ?
Suis-je outillée pour ce long et exigeant travail que demande l’art de tailler
Un Je t’aime dans la pierre
Cette graine est-elle porteuse d’un indestructible amour ?
La Gardienne du Phare
Source de la photo
16:43 Publié dans M- 13 ième partie, Le temps des moissons | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Bravo, bravo, bravo !
Ecrit par : Colleen | 20.09.2008
Bonjour NANCY,
« Son arrivée dans ma vie m’aide à prendre conscience où j’en suis rendue avec mon redressement intérieur. »
Rencontre marquante qui s’inscrit en pierre précieuse. Laser de lumière qui trace d’indélébile le cœur en attente. Ecouter, observer, humer et aimer. Belle façon d’exister à nouveau dans la conscience de l’Autre. Retrouver sa propre intelligence du chemin qui se dessine, avec sa grandeur d’âme émergeant, sublimée, de la profondeur humaine.
Au centre même de l’instant présent, toute ta personne semble déborder de reconnaissance profonde pour ce qu’un quartz se Vie te propose.
La Vie parfois, mériterait que l’on dépose sur son souffle, un chaste baiser de reconnaissance infinie.
« L’aimer dans le revers du masque
Là où il est égoïste, indomptable et prisonnier »
Ces mots, extraits de « Dépassionner pour croître » sont magnifiques de justesse, Nancy.
Je les rapproche de ce que j’ai lu un jour sous la plume d’Alice CHALENSET:
« Aimer, c’est donc aimer dans l’autre non le transparent mais l’opaque, l’énigmatique, l’insaisissable, que l’on n’aura jamais fini d’explorer. Explorer et non coloniser. »
Il n’est pas aisé de survivre à certains coups de poignard. Et il faut beaucoup de courage pour mettre en mots ce qui vrille au tréfonds.
La traversée des épreuves se révèle intensément douloureuse. Et elle impose de résister avec vigueur à la tentation d’écroulement de toute sa personne. C'est absolument dévorateur d’énergie. Il faut mener un long et épuisant combat contre les forces aliénantes qui tentent de s’imposer. Grand est le risque de s'assécher. De se dessécher définitivement.
Tu as affronté la tourmente. Tu l’as bravée parce qu’il faut braver ce tout qui anéanti, pour garder la dignité qui tient debout.
Frêle esquif vivement ballottée par la vilenie mais aussi, tu viens d’en fournir la preuve, embarcation robuste et fiable, tu as traversé cela.
Tu es restée d’une grande vigilance et as choisi d’entretenir dans la durée un certain nombre de choses indispensables à la continuité. Toute cette phase de reconstruction personnelle a constitué cette belle alchimie intérieure accouchée de ce qu tu es.
Peu à peu, au fil soyeux de la sagesse s’est constituée une pelote d’apaisement.
Un surgissement impulsé par ton chemin de solitude vient de réinstaller l’essentiel au-devant de ton quotidien.
Tu as nourrie ton attente d’un investissement relationnel indispensable à toute construction commune. Tu as dépassé et refoulé tes craintes. Il le fallait, car la peur induit avec beaucoup de constance un tourbillon de distance que seul le rayonnement de l’amour peut combler et cicatriser.
L’amour est une révélation qui peut être subite et amener jusqu’au vertige. C’est délicieusement enivrant. Un peu fou aussi… Il est celui qui remodèle, qui renouvelle. On peut lui donner toute liberté pour emporter tous les barrages de la raison. On n’est pas obligé de le faire !
« Je regarde dans ma main une graine d’un début de quelque chose qui fait rêver….. Cette graine est-elle porteuse d’un indestructible amour ? »
Qui peut apporter une réponse à cela ?
Il est sûr cependant que seuls les protagonistes concernés possèdent le mode d’emploi de cette germination que chacun s’accorde à considérer comme aléatoire au cœur compliqué de la cérébralité.
Vous, acteurs et uniques fournisseurs des pépites nourrissantes du sentiment en cours de croissance.
Nous, simples contemplateurs passifs, juste frappés d’éblouissement.
A bientôt Nancy,
Mon Amitié Vraie à toi,
Patrick.
Ecrit par : MILIQUE | 29.09.2008
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