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06.04.2008

Pas eu le temps de la voir venir

Toute ma vie j’ai vue mon père avec  sa honte d’être illettré et ne rien  faire pour que cela change par honte de se dévoiler…

 Hier j’ai passé un samedi parfait seule avec moi-même. Genre de journée où tu te couches toute propre dans une demeure toute propre…dans un lit tout propre à lire des journaux sales passés dates car je n’ai pas le temps de les lire.

 Ce matin je me lève à deux pieds sur cet amas de journaux. Je me sens bien, prépare mon café, pèse mon fromage cottage 125gr et m’installe à l’ordinateur et je pense à l’écriture en général…. Apparaît mon bon vieux signal  de toujours. Une boule de plomb dans la gorge. Je ne sais pas qu’est-ce qu’il y a dedans mais je l’a déloge par mes pleures, C’est ardu de me laisser aller. Un grand respire et c’est décollé la machine à nettoyage. Faut croire que  j’avais oublié une pièce hier..

Toute ma vie j’ai eu honte de la piètre qualité de mon français et  j’y ai travaillé toute ma vie à l’améliorer et j’y travaille encore.  Je n’ai pas de honte à me dévoiler. Là où il en reste encore un peu de cette tare. C’est dans le choix du médium que j’utile ici avec mon niveau de français…

 

La gardienne cherchant sa propre lumière dans ce matin lumineux.

Commentaires

Bonjour NANCY,

Qu’elle est donc dure cette première phrase !

Nous sommes d’une génération où, pour certains d’entre nous, ce que tu viens d’évoquer là n’est que réalité. Autre temps…
(Il n’est pas là mon propos, mais il est tout de même important de le faire je crois, cela n’a pas été le cas chez moi. J’ai toujours connu mon Père avec un livre à la main. C’est lui, je m’en rappelle fort bien, qui m’a donné le goût de lire, puis la nécessité quasi viscérale de ne jamais cesser de le faire. Jamais ! C’est là la seule vraie nourriture à mon inculture de toujours.)

Ce qui est douloureux, c’est cette honte destructrice bien sûr ! La Sienne d’abord ! Mais pour autant, l’empêchement créait-il l’enfermement ? Ne te représentes-tu pas cette souffrance telle que tu la ressentais pour lui, plutôt que ce qu’elle était vraiment ?
Tu sais, on peut toujours créer un espace tout exprès pour y faire sa place. Faire éclater chaque bulle où il serait tentant de se réfugier. Je crois que l’on peut donner et renvoyer ce qu’attend l’autre sans se dévoiler tel qu’on est. Juste en se présentant telle que les autres voudraient que l’on soit ! Et être content de soi, toujours, d’avoir su tout de même trouver le juste milieu dans une spontanéité d’apparence, à redéfinir d’autres désirs qui désintègrent l’attente en accostant au plus près de ce que l’on est. Au plus près de ce que l’on souhaite rester.

Mais, naturellement, il m’est impossible de parler vraiment de quelqu’un qui t’est essentiel. D’ailleurs, de quel droit le fais-je ? Peut-être parce que l'écriture en ce lieu de références qui te sont si intimes, ne sont pas que le fait du hasard…
Il y a quelque chose d’éminemment obscène pour moi à avoir simplement osé m'exprimer ! Je me retrouve en état d’exposition maximum. Peut-être que le seul besoin de dire m’anime. Parce que parfois, le fil des phrases parvient à extraire certaines formes de mal-être.
Le risque est grand cependant qu’à l’aiguisé des blessures, les mots fassent couler des larmes.

Quant à ce que tu dis de toi, tu n’en seras pas surprise je l’espère, j’objecte avec la plus grande véhémence.
J’affirme que, lorsque tu en as décidé ainsi, ton écriture est précise à ciseler tous les doutes qui t’assaillent. Tu parviens à obtenir la difficultueuse concision qui ouvre aux promesses. C’est cette rigueur, cette justesse là qui, faisant voler le silence en éclats autorise le murmure de l’aveu. Tu possèdes ce don, inné peut-être, de contenir en mots choisis la possibilité toujours envisageable d’un désastre imminent.
Peut-être n’est-tu pas vraiment consciente de cette évidence Nancy : Tu écris avec le précieux de ton cœur.

(Mais sûrement aurais-je l’occasion de le redire encore…)

Mon Amitié Vraie à Toi,
A bientôt,
Patrick

PS : Il me plaît de voir se lever à nouveau sur le Phare, un « Matin Lumineux » !

Ecrit par : MILIQUE | 16.04.2008

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