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14.03.2008
Une missive printanière
Lundi matin le printemps m’annonce qu’il sera un puissant décapant et que j’aurai intérêt à m’accrocher et à demeurer droite honnête aimante et fidèle à ce qui émergera des eaux troubles de ma psyché durant cette saison. Je suis encore étendue sur mon lit et je ne comprends pas ce qui s’est passé durant la nuit du dimanche au lundi. Je me sens comme si un train m’avait passé sur le corps. J’ai les mains froides, mon cœur se serre dans ma poitrine, une peine baigne tout mon être. Je rentre au bureau derrière mon écran et devant le travail à accomplir les mêmes symptômes se décuplent. Je parle et prends immédiatement des décisions. Consultations, jours de congé et écriture. Direction le Phare.
Me voilà devant l’écran que je préfère celui des mots, de mes mots. Je suis écoeurée que des blocages à mon insu sabotent mes œuvres en prenant toute l’espace créative avec cet obstruant pathos que je ne tolère absolument plus en moi. Je tiens à sortir de ce journal intime et maudit. Il est impératif que je ferme le cahier griffonné de l’adolescente qui refuse de devenir femme. Comme je l’ai déjà écrit : Mon amour m’attend et je ne suis pas prête.
Dans les dernières semaines à chaque fois que je l’ai croisé, il disait : C’est le cœur qui compte. Je réalise qu’il y a des lustres que je ne calcule plus. Un an que mon cœur est chaud et que je ne fais rien, ne dit rien . Je me cachais derrière de bonnes raisons en accord mes valeurs et mes principes. Aujourd’hui mon bouclier n’a plus de raisons d’être et je suis confrontée à faire un choix entre me taire ou parler.. Dire, juste dire sans emphase et sans attente. Un an que je suis rien de moins qu’une Cyrano pas d’gouilles. Je hais ce côté de Cyrano. Quand tu crois, dure comme fer , que tes complexes physiques seront à jamais des barrières pour atteindre ton idéal amoureux, c’est mésestimer la capacité d’aimer de l’autre. Et te rabaisser à jamais.
Qui suis-je pour décider à la place de l’autre ?
Qu’est-ce qui m’empêche d’enlever ce bouclier en peau d’aventurière ?
De quoi j’ai peur Purée ?
J’ai peur du Diable qui danse dans l’eau bénite
j'ai peur des changements opérés en moi depuis 17 mois, je suis sans protection
J’ai peur d’un oui plus que d’un non…
Sortir de l'ombre et cèder le pas à cet élan du coeur qui me permettera de passer à autre chose.
13:41 Publié dans K - 11 iéme partie . Une décapante saison | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires
Bonjour NANCY,
Résolutions printanières ? Beaucoup plus que cela puisque que tu t’éprouves « confrontée à faire un choix entre me taire où parler » ! Et que ton choix ne peut-être différé davantage… Et puis, il est connu que la parole est libératrice, alors…
Tu ne dois pas laisser filer le temps qui s’échappe. Etreint de tes bras cet espace-temps, berce-le afin qu’il tienne dans le sommeil le souvenir nostalgique.
« J’ai peur d’un oui plus que d’un non… »
Nancy, je pense que tu sais qu’il est maintenant venu le temps de suivre certains élans de ton cœur. Pas inconsidérément bien sûr, mais il est inutile de te torturer l’esprit dans l’angoisse d’une rencontre qui, de toute façon, finira par se produire. Une fois l’oppressante peur escamotée, ta vraie nature va refleurir, faisant tomber par sa beauté l’opaque barrière que tu t’imposais entre toi et le monde. Il est nécessaire à la vie de s’alléger de certains insupportables moments qui jamais ne seront oublis mais lointains souvenirs.
Oui, le meilleur est parfois au bout de l’absence !
Il serait tout de même atrocement cruel d’imaginer qu’un destin nous est précisément tissé ! Nul voile opaque et infranchissable ! Il est tout de même plus agréable de penser que tout ce qui nous arrive n’est que le fruit du hasard ou de notre libre-arbitre. Nulle noire étoile au-dessus de nos têtes destinée à désoler nos cœurs ou dévaster nos corps. Mieux vaut partir du postulat que le bonheur qui fait frissonner la vie n’est pas une inaccessible chimère. Qu’il est conceptuel et que chacun peut donc se l’approprier, en donner sa propre définition et l’exprimer à sa façon. Chacun doit y puiser un sens et une nécessité d’aimer. Parce que l’amour est bien cette sève de vie qui alimente chaque aube, non ? Mais, me voilà encore à transformer l’alchimie de ce qui est en pensées brutes, tortueuses et alambiquées…
« Passer à autre chose », oui.
Le souffle du temps en marche va finir de disperser les nuages contraignants qui cernent encore l’obscur du Phare exposé ci-dessus. Voit comme il est toujours-là, indestructible et fier, persistant de son puissant faisceau lumineux à transpercer la noirceur de tes mots pour nous faire don de cette « Missive printanière ».
Tout autour, sous l’impulsion de la marée ancestrale, le soleil à venir disperse le mystère d’autres vibrations en marche…
Mon Amitié Vraie à Toi,
A bientôt,
Patrick
Ecrit par : MILIQUE | 18.03.2008
Perdre sa carapace, être nue et vulnérable comme le homard rend à l'étroit dans sa protection, se cache ,se dissimule. Sa force vive pousse pour s,accomplir dans sa re- naissance. La Vie apeure...la vrai vie. Le trésor est là. Osé faire un premier pas , dans cette liberté nouvelle.
au- revoir ma grande Perséïde
Ecrit par : perséïde | 21.03.2008
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