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06.03.2008

Dimanche au phare. Dernière partie

Bon  il m’accule au pied du mur et je n’ai plus vraiment le profil de vider son merveilleux plat de biscuits au chocolat. Je vais trancher. Je n’ai pas le choix comme il le dit si bien il y a longtemps que nous cohabitons ensemble.  Le Père Noel est le fauteur d’illusions en moi.  Il me fait miroiter n’importe quoi et surtout dans mon discernement amoureux.  Je vais lui péter sa bulle. Se sera bien qu’une petite victoire sur mon ego  aussitôt démasqué il reprendra une autre forme jusqu’au  jour où je le démasquerai à nouveau.  Je suis tout, sauve un terrain vague.

Père Noël : Je n’aime pas ça quand tu prends ce regard là !

Nancy : Lequel ?

Père Noël  : Celui accompagné de ce sourire ! C’est ton sourire quand plus aucun doute ne t’habite.  Tu es une fine stratège Nancy Bourdages. Tu observes et tu ne perds rien derrière ton verbiage  social  Personne ne peut douter jusqu’à quel point tu es une fine observatrice. Tu possède la même acuité  et  le même regard sur les fonctionnements de ta propre personnalité.

Nancy  : Ma  seule et unique force Monsieur l’illusionniste, c’est ma connaissance de l’âme humaine. Connaissance  payé durement et chèrement à même la sueur, la douleur et  les volte -faces.

Père Noël  : Tu me traites d’illusionniste !!

Nancy : Oui et sans effort. Je te ferais remarquer qu’en te parlant ainsi c’est à moi que je parle. Tu n’as plus d’argument  pour me faire taire. Je suis unifié.  C’est pour ça que je te vois sous ton vrai jour bonhomme. J’ai passé à un cheveu de me laisser avoir !! À un centimètre de basculer dans la psychose de la fausse passion, de l’amour fou destructeur. Tu m’as inspiré le texte : ‘Comment sans le savoir cela arrive ? Aïe ! Je ne suis plus une adolescente pour avoir des kik O.K  À ce que je sache. Il n’y a personne qui fait le pied de grue devant ma porte avec des fleurs  O.K   Pas  une âme masculine qui roucoule dans ma boîte vocale  et ni d’invitation sympathique  aux travers mes courriels reçus. Des faits !  Purées !  J’exige  des faits  O.K Le faux barbu !  Je ne suis pas en amour et ce n’est pas de l’amour.  JE NE LE CONNAIS PAS !  Je suis juste,  peut-être,  juste en manque de cul  That’s it ! Il est vrai qu’il est plus attrayant de faire l’amour avec un être intelligent je te l’accorde. Mais ne me fait pas croire que c’est de l’amour. De grâce arrête de me faire tourner l’œil avec de fausses interprétations.  Les gens apprécient ma présence et ils me le rendent bien.  Je ne tiens plus à confondre les élans d’amour et d’amitié.

Père Noël : Je ne sais pas quoi te dire ou te répondre ?

Nancy : Tu sais très bien ce que je viens de traverser dans les derniers 17 mois. Crois-tu vraiment que j’ai besoin d’aller me casser la gueule pour une illusion ?  Je suis bien présentement dans ma vie. Je suis seule et en paix avec moi-même. Je tiens à ma liberté par choix et non par frustration. Je tiens à ma liberté d’action. Je tiens à moi sans sombrer dans le nombrilisme. Les autres sont indispensables à mon équilibre et à ma santé mentale. Je suis bien entourée. L’amoureux peut bien attendre encore un peu.  J’ai des priorités non négociables. Je n'ai aucunement envie de me faire gosser sur mes choix ou de me faire traiter d’égoïste par un adolescent de 47 ans.

Le Père Noël  me regarde avec une expression  faciale qui s’apparente au mot déconfiture. J’ai juste envie de bouffer de rire.

Nancy : Je te demanderais de bien vouloir quitter ce lieu qui m’appartient. Et apporte tes biscuits. Je suis chez Weight watchers depuis janvier 2008. Je conserve mes points bonus pour la bière et la vodka.  Pour boire avec mes AMIS(ES) au Boudoir. Comme qui dirait l’autre : Beeeeeeeee byyyyyeeeeeeeeeee

Pouf ! Le Père Noël  vient de disparaitre de mon esprit. Good !  Dors en paix la Gardienne ton phare est bien ancré et ses assises sont  solides.  Mon intégrité est intacte. Quelqu’un tire sur mon jeans. C’est petite Nancy. Derrière elle j’aperçois tout ce qui est moi.  Valkyrie la galérienne,  la Poétesse, la Fleur Bleu,  la Comédienne, l’Artiste peintre, l’Humoriste, la communicatrice, la Porteuse du don,  l’Amie fidèle, l’Orgueilleuse, l’Envieuse, la Croqueuse d’hommes,  la Sévère, la chum de gars,  la généreuse, la Dame aux tournesols, la féministe,  la critiqueuse, la  Petite Nancy ,  la Grande Nancy  et le pivot de tout mon être la Gardienne du Phare

 

Ouais !  Ben... Je m’aime toute entière.

Commentaires

Bonjour NANCY,

Ainsi le Père Noël n’était-il donc qu’un « imposteur », "un fauteur d’illusions", "un illusionniste" ?
Tu le savais bien mais tu comptais certainement tout faire pour ne pas décevoir trop abruptement Petite Nancy.
Oui le Père Noël est tout cela. Mais il l’est réellement !
Et tu le sais si bien que, maintenant que tu l’as identifié, il te réapparaîtra différemment, et il conviendra (peut-être) de le démasquer à nouveau !

Et puis ces mots : « A un centimètre de basculer dans la psychose de la fausse passion, de l’amour fou destructeur. »
C’est une vraie contrariété que d’accepter d’écouter la voix d’un usurpateur !

La Passion possède une charge affective extraordinaire. Mais l’étymologie le dit, dans passion il y a aussi… passivité. Et par conséquent, aux côtés de « la passion qui pousse à agir », il ne faut pas que s'absente de l’esprit cette réalité que la passion est aussi « un subir et un souffrir » !
Il importe donc de rester méfiant tant ce catalyseur d’émotions fait de l’être maintenant passionné un écorché vif qui garde difficilement le contrôle de lui-même.
L’amour passion semble exagérément possessif en ceci qu’il ne donne pas vraiment ! Au final, je crois qu’il peut s’avérer infiniment cruel dans ce qu’il veut prendre de l’affection de l’autre. Un autre qui du coup se trouve comme inéluctablement assigné à incarner l’idéal d’attentes impatientes. La volupté de ses propres fantasmes engendre le risque de cristalliser un mirage.
Cependant vient le moment où la réalité effective veut reprendre ses prérogatives, faisant soudainement comprendre combien tout cela était initialement destructeur. La déception est grande lorsque, dans le reflux opéré, la lucidité s’impose, aveuglante.

Ou bien alors il ne s’agit que de désirs et, même s’ils peuvent aussi se montrer parfois parfaitement ravageurs, ils parlent alors d’autres choses, moins fascinantes parce que plus animales.

NANCY, même si mon propos est quelque peu hermétique, il n’a rien de docte. Il n’est que tentative de réflexion au cœur d’un sentiment. Je peux ainsi prendre du recul et exprimer ce que je serais incapable de m’expliquer à moi-même.

Tu sais, elles sont exaltant toutes ces petites Nancy qui sont toi. Tant d’elles me sont inconnues…

Il me plaît de constater combien ce lieu privilégié qu’est le Phare est ton axe central autour duquel beaucoup de choses se satellisent.
On y lit des mots du cœur qui claquent au soleil venteux d’un bord de mer. Morsures parfois sauvages, parfois fragiles, qui tanguent et stabilisent. Il y a des mots roses, douces sucreries. Il y a des mots bleus : ce sont ceux de l’âme.
Toutes ces Petites Nancy te font tellement grande ! Elles n’ont pas à cheminer derrière toi, elles doivent rester là, à tes côtés. A partager le même soleil.

Je me sens bien dans ce Phare ! Il est devenu l’improbable endroit où je viens puiser des éclats vie sur le chemin de la toile que maladroitement je trace, moi aussi, des galets mal polis de mes mots.

Mon Amitié Vraie à Toi,
A bientôt,
Patrick

Ecrit par : MILIQUE | 11.03.2008

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