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16.08.2007

Une bouteille à la mer

Dehors j'entends petite Nancy crier de joie

Elle arrive en courant de la plage avec une bouteille à la main.

Petit Nancy :

La Grande tu as reçu c'est une bouteille de Milique

Regarde, tu as un message dedans.

Vite ouvre ! 

Petite Nancy:

Lis à voix haute s.v.p j'aime ça quand les grands me font la lecture 

J'enlève le bouchon, retire le papier et le déroule. Je commence à lire à voix haute

 

Milique

Après un dernier signe de la main adressé au sourire de Madame la Gardienne que je laissais derrière moi, j’ai pris, au comble de la méditation, le chemin de mon refuge à moi. Je ne me retournerai pas. Trop difficile. Mais, il y a des départs que l’on doit s’imposer si l’on veut proposer vie à la possibilité d’un retour.  Au zénith d’un ciel céruléen, le soleil offre avec beaucoup de générosité ses rayons liquides. Véritable coulée d’or…

 
Je suis heureux de m’être laissé, après tant d’hésitations dues au respect de la personne et du lieu, guider jusqu’au Phare.  Dans le cocon chaleureux et protecteur organisé par l’hôtesse du lieu, des choses tellement difficiles à dire se sont dites.  Nancy avait choisi de ne pas renoncer. En son tréfonds, la glace et le feu se sont alliés pour briser les chaînes qui, en entravant les forces, ne libéraient que les faiblesses. La douloureuse introspection dans la gangue comprimée de ses souffrances ne pouvait qu’entraîner une bien humaine perte de confiance. Il a tant plu sur son cœur soudain ouvert à tous les vents, que la tempête aurait pu l’engloutir.

Cependant, le temps qui parfois fait bien les choses a peu à peu cautérisé le goutte à goutte régulier et obsédant de son hémorragie affective. Les ombres qui guettaient, tapies, se sont progressivement dissoutes au vif aveuglant d’une lumière revenue.  Elle sort plus forte, tellement plus forte, de cette réclusion volontaire que son instinct féminin lui avait intimée d’intégrer en dernier recours. Et voilà que la vie de nouveau s’éveille dans une respiration aux mille bruissements exquis de rêves et de projets. Cette vie qui l’expose  désormais à la magnificence des lendemains… Prête à aimer encore. Enfin.

J’ai vécu l’intense privilège d’accompagner la transformation. Elle était au cœur même de la blessure vive du manque. Le lent glissement vers la lumière fut subtil…. Saisissant. La cicatrice s’est estompée jusqu’à s’espérer illisible dans la chronique de l’oubli. Maintenant, elle peut laisser s’amplifier le souffle de créativité qui s’impatiente dans sa braise intérieure. Et dans le murmure grandissant d’un avenir qui dilate le présent, concrétiser son indéniable talent de toutes les belles et spirituelles couleurs contenues à grand peine dans l’entière liberté de ses mots…

Mes pas, rythmés par le grondement tout proche des rouleaux d’écume, me dirige d’autorité vers ma retraite caverneuse. Je me sens bien plus heureux que je ne sais le dire,  mais après tout, existent-ils vraiment les mots-fleurs du bonheur ?  L’océan de ses vagues se fait miroir de mes rires. Dans ma poche viennent de cliqueterle ô combien précieux et réconfortant double des clés du Phare. Contrairement à ce que je pressentais, je me sens une avide faim d’Ours. J’aurais peut-être dû accepter les crevettes…

                                                                                                                          Milique 

 

Ton passage au phare m'a éclairé et apaisé. Merci pour ton amitié.

                                                                                                                       La Grande Nancy  


 

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