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08.08.2007
Matin lumineux - cinquième partie -
Milique :
Tu es dans un vide post-amoureux dis-tu ? Mais le vide n'est-il pas là à la disposition de cet incertain qui ne demande qu'à le combler ? I l y a une intéressante contradiction me semble-t-il entre l’attitude fermée que tu adoptes et ce sentiment diffus d’être de nouveau prête à entrer en connivence avec le grand éclair !
Peut-être est venu le temps pour toi de te dépouiller de ta souffrance. Élimine, écrase, détruit ta peine ! Il est des oublis qui se révèlent fertiles. Il y a cette partie de toi-même qui vit sous la menace d’un autre rencontre, dans la peur presque, suscitée par les frissonnantes interrogations posées. Cependant, pourquoi aurais-tu encore peur, pourquoi te vêtir des inesthétiques faux-plis du refus ?
Ton ciel saura réapprendre à maîtriser l’inconcevable. Et, bien campé sur le marbre de ta mémoire, un refrain têtu frappera de nouveau tes tempes : celui de cet instant rare où le cœur perçoit la possible chaleur en échange.
C’est peut-être dans la rencontre d’un sourire qu’apparaît le feu ?
Nancy
Retrouver mon équanimité. Apparaître sous un nouveau jour en Innée Statique ! Pour être plus juste il est impératif que j’élimine mes peurs, que j’écrase mes doutes et que je détruise ma conviction de ne pas pouvoir susciter chez un homme, où dans d’autres sphères de ma vie, un intérêt quelconque.
Je rêve d’un recueil de poésie et bien je me tape dessus en me disant : Je suis illettrée
Je rêve d’un spectacle solo et bien je me tape dessus en me disant : Je suis trop vieille.
Je rêve d’un amoureux et bien je me tape dessus en me disant : Je suis moche
Je sais que cela ne tient pas la route mais se sont mes monstres contre lesquels je lutte tous les jours.
Pour mon recueil j’écris en solitaire loin du net. Je serais à qui le faire lire en temps et lieux. Pour mon spectacle solo dans ma tête je suis entrain de rechausser mes patins de comédiennes et d’humoriste, j’ai resserre les lacets tranquillement en visualisant chaque geste pour faire les boucles bien solides pour me permette de me relancer sur les planches. Et pour l’amoureux je lâche prise. Je décidé de faire confiance à la vie…
Milique :
La matinée avance et nous conversons encore… Au dehors, le soleil semble avoir installé une blanche chaleur, seul le lent mouvement des nuages sur le bleu du ciel… Dans la pièce où Nancy nous a confortablement installés, la lumière s’est invitée parmi nous qui l’accueillons avec plaisir.
J’ai beaucoup d’Estime et de Respect pour cette femme qui s’ouvre à moi en s’évoquant d’aussi touchante façon. Jamais je n’aurais pensé en franchissant la porte de ce Phare susciter une telle confiance. Encore moins toutes ces confidences faites de bribes d’intimes. Or elle parle ! Elle utilise des mots forts qui, même s’ils égratignent au passage, libèrent les désaccords que chacun, nous le savons, peut entretenir avec soi. Et c’est de la souffrance qui s’écoule…
Tout d’abord Nancy, te dire combien je suis sensible au fait que tu m’acceptes comme dépositaire de qui tu es….
Les mots que tu utilises pour exprimer tes tourments actuels sont puissants.
Oui, il te faut retrouver un équilibre. Forcément c’est compliqué ! L’équilibre est-il autre chose que la somme des déséquilibres qui se neutralisent ?
Une chose est cependant rassurante dans ton actuel. Tu affirmes ta volonté de te dévaloriser tout en… admettant que ce principe n’est pas recevable !
Bientôt, une fois l’énergie retrouvée, tu vas rejoindre la réalité de tes talents multiples. La présente période est certes délicate… Elle ne doit pas te contraindre à un tel manque d’indulgence pour toi. Nourrir l’estime de soi est un des meilleurs gages de bonheur. Tu n’es pas désarmée. Tu n’es pas asséchée. Ta vie doit encore être ce jardin fertile qui se cultive. Enfin retrouve, oui, cette confiance dans la vie qui fait qu’en toi l’Amour primera toujours sur les doutes…
Nancy :
L’amour est, pour moi, un sentiment difficile à cerner. Je suis arrivée ici l’été passé un an déjà. Les saisons furent mes compagnes de silence. Je peux le confirmer sans l’ombre d’un doute : « Je suis digne de recevoir l’union à laquelle j’aspire avec un homme ». Une relation tellement simple qu’elle désarme. Une relation tellement belle que notre nous la protège d'instinct. Une relation unique où l’individualité a sa juste et essentielle place. Une vie à deux où nous nous donnons le droit d’être des porteurs de nos histoires de vie. En bout de ligne je sors gagnante de cette peine d’amour. J’ai rencontré là où j’étais rendu ni plus haut ni plus bas que moi. Il était à l’image de l’estime que je me portais J’ai troqué ma liberté mentale et créative pour notre chimie de corps. Je croyais que son attrait pour moi était de l’amour alors que je n’étais qu’une aventure de plus. Pour un instant il s’est pris à son propre jeux, il aimait être cet homme aimé, celui qu’il me jouait…
Je lui souhaite du bien finalement. À mes yeux Il est perdant dans cette histoire.« Fait ce que tu veux mais fais-toé pas pogner .» C’était sa rengaine. Il a poussé sa chance, plus je lui donnais de la liberté, plus il s’enfonçait. La meilleure façon de connaître quelqu’un c’est de le laisser libre et de l’observer. Il y a une chose qu’il a sous estimé avec moi, une seule chose et non la moindre, mon intelligence. Je ferme ma porte à la violence verbale et aux êtres en mal de domination. Mes larmes ont eu le dessus sur ma haines et ma colère. Je l’ai aimé sincèrement de tout mon être… pas une partie de moi ne l’a pas aimé. À ce moment précis j’accepte le verdict : Nancy Bourdages non coupable !
Je suis libre d’aimer à nouveau.
Patrick me regarde attentif le bruit des vagues nous accompagne, pas un seul instant nous avons parlé de lui. Je m’en veux d’avoir pris tant de place dans la conversation.
Merci Patrick, vraiment je te le jure. Grâce à ton écoute je viens de poser un point final.. En attendant toi tu dois avoir une faim de loup. Je n’ai pas grand chose … Attends…aimes-tu les fruits de mer car j’ai de bonnes grosses crevettes ?
Milique :
Ah Nancy, comme il est réjouissant ton retour à toi !
Enfin tu consens à répudier ce sentiment d’infâme souillure qui te poissait le cœur. De quoi étais-tu coupable ? Accusée par qui ? Quel est celui qui n’a pas hésité à empaler le rêve sur l’acéré d’un hideux mensonge ? Toi, tu connais la réponse.
Alors oui, un malaise subit s’est emparé de toi, un sentiment de honte s’est installé, indescriptible. Une humiliation de ne plus te reconnaître dans cet instant exact où la vie semble se figer. Tel un oiseau soudain privé de ses ailes, tu as vu apparaître un monde de périls glacés que l’amertume salée de tes larmes à peu à peu réchauffé.
Tu dis : « Il y a une chose qu’il a sous estimé avec moi, une seule chose et non la moindre, mon intelligence. » Je pense qu’il a également omis un autre essentiel : s’appliquer au ciment d’une relation qu’est la recherche permanente de la connaissance de l’Autre. Le véritable Amour est-il autre chose que toucher aux aspects singuliers et distinctifs qui le rende si unique ?
Maintenant que le plus fort de ta tourmente intime est expurgée de toi, tu as aussi cette phrase magnifique : « Je lui souhaite du bien finalement. » Te voilà généreuse dispensatrice d’un parfum irisé sur un pétale de rose. Comment exprimer mieux l’élan de ta main tendue à la vie ? … Tu es une belle âme Nancy !
Il y a peu encore, tu t’épuisais à te cacher du regard inquisiteur de la société. Ce que tu pensais être le jugement d’autrui t’empêchait de baisser la garde et de te joindre à ceux-là même dont tu captais l’attention. Aujourd’hui, tu en es venue à préférer la lutte pour ce qui reste à construire plutôt que de ressasser les âcres regrets d’une vie abîmée. Et je t’éprouve forte de cette force intense qui anime ceux qui cessent de faiblir. Seul le marbre gravé de ta mémoire retiendra combien a été éprouvant et long le chemin sinueux de ta re-naissance ! Crois-moi qu’il m’est agréable d’imaginer avoir été – oh ! si modestement – un infime fragment de ta reconstruction.
C’est à mon tour de m’excuser de mes infinies logorrhées. Et puis, pour répondre à ton appétissante proposition : Non je n’ai pas une faim de loup ! J’ai la faim de l’Ours que je suis. Ce qui est un excellent motif pour décliner ton offre car est venu pour moi le temps de retourner dans ma caverne. N’ais crainte pour moi, je me sens rassasié et riche de tout ce que tu es….
Une dernière question mon Amie ! Si tu restes présente encore un peu en ce Phare et que mes pas un jour m’y ramènent, m’ouvriras-tu de nouveau ta porte ?
Nancy :
Ha ! Ha ! J’avais oublié quand d’autres lieux où j’ai eu la chance de te lire, tu es un ours. Plus sérieusement, je trouve cela navrant que peu de gens ont accès à tes textes. Et pas besoin de te souligner que tu es toujours le bienvenue au phare. Je te donne même un double de mes clefs.
Tu viens quand tu le désires ici. Tu peux même y déposer tes pensées personnelles. Je vais bientôt venir de moins en moins écrire ici puisse que petit Nancy s’installe avec ses crayons de cire et elle exige le silence, elle a du tempérament cette petite et elle me provoque constamment. Elle parle que de Kandinsky et de Tapiès. Ô combien ils sont merveilleux… Je vais lui laisser toute la place. Elle a même osé me dire que comparativement à moi elle, elle n’a pas besoin de subvention pour créer. La petite peste que je l’adore.
Le phare fût érigé comme un leurre et c’est avéré un kit de survie inestimable. Mon passage au phare m’a non seulement pansé une blessure amoureuse mais m’a également remis sur les railles de la créativité. Je crois à nouveau à l’amour et le dernier conquérant sera plus qu’un beau gars qui embrasse bien. J’ai déjà écrit ma commande et je l’insère dans cette bouteille et j’irais la porter à la mer en allant te reconduire à la plage… Je vais te la lire…
Un sourire radieux
Une intelligence vive
Une âme accessible
Une main généreuse
Une échine bien droite
Un être miraculeusement imparfait
Un tempérament fougueux
Un regard honnête facile à lire pas besoin de mots
Un homme qui s’aime là maintenant tout en bloc sans ce fuir.
Sa présence maintient un braise constante au creux de mes reins
Dès qu’il souffle sur moi, nos corps s’enflamment…
J’exige un Cyrano et rien de moins…
À observer le regard de Milique sur moi après la lecture de ma commande, sans dire un mot, je comprends très bien que je viens de traverser du côté naturelle de ma force …ma lumière. Cette lumière que je donne allègrement à ceux que j’aime et estime. J’avais juste oublié que je pouvais également en recevoir et aujourd’hui c’est Milique qui était mon phare. Lui et moi, nous le savons maintenant que je suis saine et sauve.
Tu es sûr que tu ne veux pas rester à manger avec moi ?
Ton amitié es un beau cadeau de vie…
Je prends Milique par le bras et nous descendons à la plage avec ma bouteille de souhaits pour la donner à la mer .La lumière est toujours belle quand le cœur est en paix.
07:50 Publié dans I- 9 ième partie. Fracassante débâcle | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
Très beau texte, très bien écrit...Je me surprends d'écrire ça parce qu'habituellement je m'attarde au contenu mais là j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs.....Je suis contente pour toi Nancy que cette bouteille soit maintenant lancer à la mer.... Il est bien de verbaliser mais il est d'autant plus important de faire les changements nécessaires concrètement dans le quotidien si on veut vraiment que ça opère...
Et je sais qu'Innée est dans ce processus....
Milique et Innée...Merci pour ces beaux contenus duquels j'ai vraiment apprécié la lecture....
Lynexoxoxox
Ecrit par : Lyne | 09.08.2007
Bonjour LYNE,
Et merci de ta présence assidue tout au long de ce riche échange.
Des longueurs ? Oui, probablement, et je plaide coupable. Forcément.
Mais la concision n’était pas souhaitable. Convenons que l’écriture de ces mots aura été un réel «défi ». Car il ne s’agissait pas en l’occurrence de privilégier le « style », alors même que nous n’arpentions pas un domaine fictionnel mais bel et bien une douloureuse réalité que tu connais, sans nul doute, beaucoup mieux que moi.
Alors d’abord être, si ce n’est intelligent, au moins intelligible… Et tenter humblement de jeter du semis de phrases au fertile fascinant de la béance.
Je te rejoins totalement sur le fait qu’il soit inutile de laisser davantage infuser le Temps. Oui, il arrive un moment où la réflexion doit céder la place à l’action ! Mais il faut aussi user de patience face à cette urgence-là ! Certaines fois, le naturel va de soit.
Bon, on assiste-là encore à de lassantes longueurs. Pardonne-moi Lyne, c’est tellement difficile de dire en peu de mots. Il me faudrait posséder cette autre qualité que je n’ai pas…
A tout bientôt,
Patrick
Ecrit par : MILIQUE | 11.08.2007
Bonjour Milique,
Toi, Milique, les longueurs c'est ta force, ton style...
J'ai discuté avec Innée du pourquoi de cette réplique...Il est vrai que dans la réalité le sujet est nul romancé ... Ici, il est présenté autrement lui donnant un autre aspect aussi intéressant que l'essence même du texte...
Le contenu j'en discute avec Innée dans l'intimité...Et voilà peut-être le pourquoi que cette fois ci je me suis attardée au contenant...
J'admets que la grosseur du texte aide à la lecture...Merci Innée...
Amitiés à tous les deux..
Lyne
Ecrit par : Lyne | 11.08.2007
Bonjour LYNE,
Je me rends compte que mon propos a pu être interprété comme celui de quelqu’un qui aurait été indisposé par une quelconque « critique ». Ce qui n’est évidemment pas le cas. Inutile de préciser à nouveau le peu de cas que je fais de ma laborieuse activité « d’écrivaillon » !
J’ai simplement voulu cerné cette réalité qu’une fiction eut été différente. Mais en l’occurrence, tel n’était pas le propos !
Tiens, une confidence… Je suis certain que, considérant la richesse inutilisée – et pour cause – du matériau contenu dans ce « Matin Lumineux » tout pourrait se dialoguer – vraiment – en une prenante… pièce de théâtre ! (C’est Nancy qui va prendre peur). Bon, cherche quelqu’un pour mettre en scène et on (je ?) réécris le tout !
Dans l’immédiat, du positif s’est installé. Madame la Gardienne du Phare a été forte. Il le fallait tant, quand la résistance n’est plus, tout risque de se disperser emporté par la furie d’incontrôlables remous. Elle est restée au centre de tout, les yeux grands ouverts. Et son visage s’est éclairé lorsque son cœur a battu plus fort le beau de la vie. Et rien que pour cela…
Amitié à toi,
Ecrit par : MILIQUE | 12.08.2007
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