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15.07.2007

Matin lumineux- quatrième partie-

Milique :

Cela fait déjà quelques instants que sa voix semblait avoir pris une tonalité différente, comme si elle combattait mot à mot la tristesse prête à submerger sa volonté.
De fait, le chaud rayon de soleil qui éclaire vivement l’endroit ne laisse planer aucun doute sur cette réalité : son regard s’est embué de larmes…. Probablement que le ressac intérieur vient d’emporter ce qui faisait obstacle.  Larmes retenues, discrètes et un peu gênées. Mais en se chargeant de souffrance, elles sont  révélatrices de ces images encore si présentes qui encombrent ses yeux et  suggèrent  le silence.

Des larmes indispensables qui charrient et emportent un peu de son trop de mal à l’âme.

Et moi qui suis là, inutile, confronté à l éprouvante impossibilité de ne savoir soulager de rien. Si seulement je pouvais faire que les ombres qui l’étreignent lâchent leur proie ! Que les mots deviennent soudain appropriés et dissipent le brouillard de ses yeux.. Que le silence révèle la parole… Que s’esquisse à nouveau sur son visage l’enchantement d’un sourire. Mais…

 

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Sais-tu Nancy, on apprend tout  de l’acéré de ses déchirements. Pourquoi te torturer à  te sentir dépouillée de toi ? A te punir avec ce qui n’est pas une réalité ! Je suis sûr pour ma part  que tu sauras réveillé en toi  toutes les belles choses tapies, prêtes à bondir de ton cœur que tu crois asséché. Tu es si riche de ce que tu es ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’absence de l’un prouve simplement la présence de l’autre. Il faut parfois si peu de choses pour que tout advienne..

Finalement, l’extinction d’une étoile pourrait bien passer inaperçue pour peu qu’une incandescence irradie l’évidente découverte d’une autre.

Ne peux-tu penser cela ?

Nancy :

En théorie je devrais,  à l’heure qu’il est, être capable de projeter de telles pensées. Mais un silence d’acier  m'en empêche, il se loge au centre de mon être, là où je n’arrive pas à installer la paix avec moi.

Je me suis donnée une heure de tombée, habituellement cela fonctionne bien avec mon cerveau ce type de commande. Après le 26 août 2007 j’apprécierais que ma psyché opère et accepte que j’ai ouvert ma porte à un être indigne de reconnaître la qualité de la relation que je lui ai offert  avec honnêteté. Accepter cette erreur qui m’appartient. La seule personne que je peux blâmer ce n’est que moi. Je ne laisserais plus jamais les yeux d’un homme décider de ma beauté. Je travaille sur le dossier et ce n’est pas en perdant des kilos que je vais me trouver belle. C’est maintenant là telle que je suis…La merveilleuse, la sensible, l’unique, la vrai, la rigolote, la fidèle, la poétesse…

 Je ne vois pas d’autre bouclier pour me protéger des séducteurs malhonnêtes. Ouf ! -silence-  Ce n’était pas facile à verbaliser. Tu as l’art de me faire sortir les vers du nez au figuré comme au concret. Avec toi je ris aux larmes. Sur ces mots, je regarde Patrick avec mes yeux rieurs accompagné de mon légendaire sourire de conquérante.

Milique :

Le fait que tu te sois donnée « une heure de tombée » interpelle beaucoup !  Que tu puisses opérer certains « types de commande » à ton cerveau me laisse éminemment  grisé par l’importance que peuvent prendre en soi les choses de l’esprit !  En connaître l’augure doit être bien apaisant.

Tu t‘éprouves entravée par le silence mais vois-tu, il est possible qu’il cesse en surpassant la présence du manque. Ainsi le centre se trouve peut-être à l’extérieur. Dans un autre ailleurs. Et ce n’est pas un malheureux hasard de vie - incandescente brûlure - qui doit en disperser le chant. Il se peut que ce qui nous quitte nous agrandisse ! As-tu remarqué combien l’existence est une longue marche jusqu’à soi ? Et pas un seul obstacle ne saura être suffisant pour empêcher d’ y parvenir. Toutes ces choses qui prennent trop de place finiront bien par se démêler. Car, tu l’as cette force en toi. Alors, ce qui te déchire l’intérieur et te morcelle la conscience, hurle-le à la gueule du grand vide ! Ta sérénité retrouvée est sûrement à ce prix. 

D’ailleurs en ce moment même, un reflet de lumière éclaire ton visage et des arcs-en-ciel nacrent le profond de tes yeux. Il se dessine aussi sur tes lèvres l’impénétrable murmure d’un sourire qui semble se déposer, triomphant, sur l’injuste fatalité.

Et puis, je me dois de te dire une chose Nancy : « Je ne laisserais plus jamais les yeux d’un homme décider de ma beauté. ». Jamais je n’ai entendu phrase plus magnifiquement authentique. Elle déborde déjà de ce qui reste à venir, cœur battant et veines vibrantes.

Nancy :

``As-tu remarqué combien l’existence est une longue marche jusqu’à soi ? `` Un véritable pèlerinage que cette vie sur terre. Je dois t'avouer Patrick que la plupart des livres que j'ai lu dans ma vie étaient en majorité axés sur le sens de la vie et de l'incontournable quête du sens. Pour qu'une fiction  m'attire je dois entre les lignes sentir la vie couler dans les veines de son auteur. Même  chose  pour ma propre existence.  Durant les cinq  dernières années de vie tranquillement mon sang stagnait dans mes veines. Avec le recul je le vois maintenant que cette relation amoureuse me coupait les ailes et me coupait de mon univers créatif. C'est  vraiment mon arrivée dans des sites de poésies et ma rencontre avec Harry Steed  qui  m'a remis sur mes rails. Comme je n'ai plus de force pour hurler mon restant de colère à la gueule du grand vide !  Je n'arrête pas de lire de la poésie en ce moment je me rassasie  l'âme et  panse mes blessures entre autre avec ``Les dés de chagrin  de Robbert Fortin`` un véritable porteur de vie et un amoureux des mots justes. 

Je dois t’avouer qu’en  ville il y a le sourire d'un homme qui ne cesse de me suivre à longueur de journée.  La dernière fois que je l'ai entrevue, il a prononcé mon prénom… mon cœur a pris le large. Il n'en sait rien et je ne dirais jamais rien.  Je suis un vieux rafiot en berne de l'amour et je n'ai pas la force physique et mentale d'encaisser un non douloureux ou un oui épeurant. Sans qu'il ne fasse quoi que se soit cet homme me permet de savoir où j'en suis dans ma convalescence du cœur et l’état de mon estime personnelle.  Le sourire de cet homme me régénère. Quand il apparaît dans ma tête sans crier garde je m'apaise. Dans le fond son sourire représente à mes yeux celui qui m'a tant manqué... Un sourire chaleureux qui dénote une aisance en société avec beaucoup d'entregent. Grâce à cet homme, je bannis les faces bêtes de ma vie.  Je suis une femme généreuse s’est  inscrit dans ma chaire. Vive les hommes qui savent porter leur noirceur et possèdent des sourires vibrants de vérité. La gratuité d'un sourire n'a pas de prix. 

Mon pénible périple achève. Le Phare ce voulait un geste de volonté, un acte d'amour avec une farouche détermination de me redresser sans honte de l'amour et de l’affection que j'ai donnés et portés pour cette  relation amoureuse.
Avec la visite de Patrick au phare je prends conscience qu'il y a des bouts que nous  devons  faire seule mais à un moment  précis  le  regard  témoin de l'autre est souhaitable  et même incontournable  afin de voir avec un peu plus juste. 
Merci Patrick de me tenir la main. Ton geste me redonne confiance face aux hommes.

Milique :

Voilà que la lave qui fusionnait en ton tréfonds a réussi à perforer l’épaisse carapace évidemment protectrice que tu avais endossée. Enfin. Ces mots qui disent, soudains libérateurs, me sont comme un  inestimable présent….

Ton cœur pesait le poids du chagrin, claquant en rafales dans un ciel tourmenté de voiles déchirées. Vrillé de craintes et de doutes, le vide lentement rongeait le bord de tes lèvres de tous ces non-dits confinés. Les aubes froides étaient lourdes de souffrance mais, à extérioriser le plus enfoui, doucement à nouveau la chaleur palpite sur le chemin qui mène à demain.

Le  but de la relation n’est pas la fusion avec un autre, le but de la relation  c’est  d’avoir quelqu’un  d’autre avec qui partager notre plénitude ».

(Philosophie et Spiritualité).

 Un jour, quelqu’un m’a tendu la main et, grâce à cette main tendue, le pulsé de la vie à repris…  Alors oui, je t’ai tendu la main et… 

Dis-moi Nancy, l’Homme au sourire gratuit, pourquoi n’aurait-il pas le droit de savoir TA  vérité ?

Nancy :

Parce que c’est…Je n’ai qu’une expression anglaise pour te l’expliquer. C’est un mauvais timing et il si par malheur il avait un intérêt et bien moi je suis dans un vide post-amoureux. J’ai trop besoin de liberté, j’en ai tellement mais tellement manqué. Je veux juste faire ce que j’ai envie de faire sans aucune contrainte et aucune négociation.  Je suis barrée à quarante comme on dit au Québec mon cher Patrick. Je suis ce chat affreusement échaudé.  Le miracle ici car il s’agit bien de miracle, il y a une partie de moi qui est  prête à ouvrir à nouveau la porte aux rencontres que la vie parfois nous offre avec une synchronicité désarmante.

 

Commentaires

Mdr...Pourquoi comprenons-nous toujours quand nous sommes dans le fond du baril??? Comprendre à travers les souffrances pour mieux apprécier le bonheur...Cela me semble une théorie tellement simple mais juste...Cela fait partie aussi des lois cosmiques..Tout est relatif et nous expérimentons toujours les effets du positif et du négatif: le bien, le mal, joies, souffrances, amour, haine, riche, pauvre, etc....

Nancy, si on examine ma vie et ta vie dans les dernières années....Disons que nous avons souffert un peu, beaucoup...C'est quoi le positif de ''marde'' que je médite la-dessus....

xoxoxoxoxox

Lyne

Ecrit par : Lyne | 13.07.2007

Bonjour LYNE,

Sempiternelle question !
Et je crois bien que ta théorie avancée est au plus près de la réalité… bien qu’il soit objectivement difficile pour moi de l’étayer. Manque de culture, de connaissance…
Une seule certitude : LA recette n’existe pas ! Toutefois, probablement qu’il n’est pas souhaitable que quelqu’un l’invente un jour ! Que deviendraient en effet les repères bonheur/malheur, joie/tristesse etc.…
Rien ne peut avoir de valeur si son contraire n’existe pas !
Juste pouvons-nous faire pour le mieux, en réunissons le maximum de conditions génératrices d’une vie meilleur.
Difficile tout cela.
Il est possible que le Bonheur soit simple ! En revanche l’Homme est compliqué. C’est pourquoi, c’est privilège rare que d’atteindre à la joie d’exister pleine et entière dans l’ici et maintenant.

Merci à toi de ton intensive présence auprès de La Gardienne du Phare.
Bisou amical.
Patrick.

Ecrit par : MILIQUE | 22.07.2007

Allo Patrick,

Toi manque de culture, de connaissance...hein????????..Je ne pense pas, moi!!!!!!!!!

''Rien ne peut avoir de valeur si son contraire n’existe pas !''

Ah! que j'aime cette affirmation...Je vais la retenir..

Merci à toi aussi de venir nous brasser les neurones..

Amitiés

Lyne

Ecrit par : Lyne | 22.07.2007

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