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15.07.2007
Matin lumineux - troisième partie -
Milique :
Je crois qu’il est assez heureux que ces raccourcis n’existent pas. Ou plutôt, il en existe un : celui du cœur !
Celui-ci, tu ne pourras l’ignorer le moment venu. Mais seulement à ce moment-là ! Ce ne sera pas l’histoire d’une rencontre… les rencontres ne durent pas. Ce sera comme l’écume d’une vague, le rire éclatant de l’océan qui fait tinter le silence. Et tu sentiras sa présence. Présence considérable, d’une beauté d’âme scintillant d’un point d’éclat au centre. Comme inscrit au présent des étoiles. Le trouble installé, tu ne le regarderas plus qu’avec les yeux du maintenant. Après s’installeront l’échange et le partage. Mais il ne suffira pas d’écouter, il faudra aussi entendre…Il n’y a pas d’assurance amour, non ! Simplement l’évidence qu’il existe cet être, que tu connais déjà sans l’avoir encore rencontré.
Nancy :
Tu vois c’est là que je suis aigrie. Je sais que tu as raison quand tu me dis : « Qu’il existe cet être, que tu connais déjà sans l’avoir encore rencontré. » Là où je doute c’est en mon bon jugement pour le reconnaître. Je me suis tellement fourvoyée d’aplomb avec mon dernier partenaire. Je n’ai rien vue, tout ressenti sans pouvoir mettre de mots sur ce que je vivais comme blessure intérieure. Au contact de ma peau sa main me donnait plus rien, ses yeux me fuyaient, ses silences me criaient de partir. Du premier jour merveilleux au dernier moment difficile je n’ai jamais cessé de l’aimer. Tu vois Patrick quand j’aime je donne droit à celui qui partage ma vie d’avoir des défauts. Je dirais plus justement, qu’il à droit à ses traits de caractère qui lui sont propres. C’est avec le philosophe Mounier que ma petite cervelle c’est mise à percevoir les êtres humains différemment. Le drame dans mon histoire c’est mon ouverture d’esprit qui m’ajoué des tours.
Milique :
C’est un bienfait que de parfois s’appuyer sur la philosophie pour se donner les moyens de franchir les obstacles qui se dressent. De ce presque « Bergsonnien » qu’est Mounier, j’ai relevé ceci : « J’aime, donc l’être est, et la vie vaut la peine d’être vécue. ». On entend bien là que tout s’articule autour de cette nécessité d’aimer dont nul n’a les moyens de se dispenser. Et j’allais ajouter… surtout pas toi ! Il te reste encore tellement de souffle à échanger. Tu le sais Nancy, aller vers l’autre c’est vêtir la solitude affective d’un vêtement de soie. Aimer c’est comme dévorer un rayon de soleil. Ce n’est pas ton ouverture d’esprit qui a généré de la souffrance, c’est l’incertain comportement d’un autre qu’il a été d’évidence impossible d’endiguer. Ne te punis pas, ne t’auto flagelle pas ! Ce n’est pas toi qui a déplié la nuit sur votre histoire. Pas d’aigreur donc ! C’est de douceur dont tu as désormais besoin. L’obscurité n’a déjà que trop durée. L’aube clarifie ton cœur et déjà la magnificence s’amplifie…
Nancy :
Tout à l’heure tu m’as dit : " Comment saurais-je penser avec autant de sensibilité que tu peux le faire ? " Et bien moi de te répondre : " Comment pourrais-je obtenir un peu de ta finesse d’esprit ? "
Je pouffe de rire, ce n’est pas possible je suis impressionnée de constater à quel point cet homme trouve ardu d’accueillir un compliment.
C’est quoi cette contorsion dans l’expression de ton visage ? D’où vient cette difficulté de prendre les compliments ? Évidemment tu n’es pas obligé de me répondre, mais avoues avec moi qu’une phrase comme celle-ci... Comment tu l'as dit déjà ? « Aller vers l’autre c’est vêtir la solitude affective d’un vêtement de soie. » La finesse d’esprit en présentoir sur un socle de poésie.
Il est vraiment sympathique ce Milique comme ont dit par chez-nous au Saguenay : « Il me fait à face ! »
Milique :
Et en plus tu me demandes de parler de moi ?
C’est qu’il m’est bien difficile d’entendre de jolies choses à mon égard. J’ai toujours le sentiment, très spontané, que cela ne s’adresse pas vraiment à moi. Que d’un coup je viens de perdre le fil et que l’on parle de quelqu’un d’autre. Cet autre m’apparaît comme quelqu’un de bien et que ce faisant, il ne peut s’agir de moi. Quant à savoir d’où cela peut bien provenir, cela ne peut tenir que du décryptage. Tout est tellement compliqué…
Cependant, il serait faux pour moi de prétendre que tes mots ne me touchent pas. Il y eut déjà tant de situations déchirantes que les tiens ne peuvent m’être qu’incomparable onguent. Non, je n’avoue rien, mais je me délecte de ce plaisir sans limite de ciseler des mots qui, parfois, ne laissent pas insensible. Tout cela qui s’aligne en couleurs sur des pétales de silences
Nancy :
J’espère que je ne t’ennuies pas trop avec mon histoire personnelle qui sommes toutes avec le recule est bien banale. Je ne suis pas le première ni la dernière qui aura été bernée dans une relation amoureuse. Tu es bien placé pour savoir que le Phare fut érigé pour que cette blessure ne me transforme pas en une frustrée de l’amour. Je ne sais pas pourquoi mais le fait d’en parler avec toi m’apaise. Que tu prennes le temps de m’observer, de m’écouter de m’entendre et d’échanger est la preuve que tous les hommes ne sont pas tous pareils et il n’en tient qu’à moi d’y croire à nouveau. Patrick j’ai juste besoin d’une certitude : celle que je suis apte a sentir cette présence et comme tu l’as si bien dit : « Présence considérable, d’une beauté d’âme scintillant d’un point d’éclat au centre »
Milique :
Pourquoi est-ce que tu m’ennuierais ? Ne suis-je pas venu au Phare de mon plein gré ?
De plus, je suis malheureusement obligé de te le confirmer : oui, ton histoire est celle de tant d’autres. Regarde autour de toi ! Et c’est justement parce qu’elle est presque ordinaire qu’il germe en elle la flamme vive de tous les possibles à venir. Tu n’es pas une frustrée de l’amour Nancy, tu es une désabusée du désamour…
Cesse de chercher cette certitude dont l’absence te taraude. Car tu l’a en toi, je le sais. Simplement, tes meurtrissures l’empêche de s’épanouir aux flèches d’or et d’argent qui émanent déjà de celui qui t’attend. Lorsque l’onguent du temps aura enfin apaisé ton cœur, tu sentiras en toi ce souffle chaud et infini qui enivrera l’instant. Et puis, en m’aidant des mots dont tu m’as si généreusement gratifié, je veux juste te préciser cela : admettons que je sois grain de sable dans le désert, parviens-tu à t’imaginer l’incalculable potentiel passionnel de tous les autres ?
Nancy :
Tous les autres… Aujourd’hui je peux officiellement confirmer la guérison de ma peine d’amour avec cet homme. Ce qu’il me reste à soigner ce sont les séquelles d’avoir cru en quelqu’un qui consciemment me mentait. Plus il me mentait, plus il s’éloignait de nous et de moi en me laissant croire dans ses silences que tout était de ma faute. Je l’ai cru jusqu’au jour où la vie a décidé de le dénoncer à son insu. Je n’ai pas de difficulté à imaginer l’incalculable potentiel passionnel de tous les autres. C’est avec le mien que mon imaginaire fait défaut…
Mes larmes montent, je ne peux les cacher à Patrick, je me retiens. Je ne suis plus capable de dire un mot.
21:48 Publié dans I- 9 ième partie. Fracassante débâcle | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note

Commentaires
Qu'en pensez-vous de???? l'Amour de Soi, l'Amour Inconditionnel, l'Amour envers notre prochain, l'Amour envers notre Travail, l'Amour envers les Enfants, l'Amour Amitié, l'Amour envers les Animaux, l'Amour Universel, l'Amour de la Vie, quoi..etc...
L'Amour Tout Court, merde...
Lynexoxoxox
Ecrit par : Lyne | 25.06.2007
Bonjour Lyne,
Je crois que tu places l'amour de soi au bon endroit, en premier, il faut d'abord s'aimer pour aimer les autres, se pardonner pour pardonner aux autres, et ainsi de suite... Se dire que nous les humains nous sommes des êtres faillibles et pourtant pleins de potentiels. Tous les autres "amours" te seront donnés automatiquement.
Bisous, Marraine
Ecrit par : marraine | 29.06.2007
Allo Marraine,
Merci pour cette confirmation!!
L'amour commence par soi....
Lyne
Ecrit par : Lyne | 30.06.2007
Bonjour à vous Honorables Dames,
C'est que l'affaire est bien compliquée.... et je ne partage pas tout à fait votre certitude.
Il faut d'abord s'aimer. Soit !
Mais, à s'aimer en priorité, ne prend-on pas le risque conséquent de ne plus aimer... que Soi .
L'ennui avec la langue française c'est qu'il n'y a qu'un mot pour tout dire. Ainsi on peut indifféremment aimer le sirop d'érable, la lune ou l'Homme (la Femme) de sa vie...
Je me refuse à un tel amalgame.
Aussi, le seul distinguo que je parviens à hiérarchiser est celui qui existe forcément entre aimer et Aimer.
C'était la séquence Milique, l'empêcheur de tourner carré !
Belle journée à vous gentes Dames !
Patrick
Ecrit par : MILIQUE | 01.07.2007
Patrick,
Pas ds le sens que n'Aimer que Soi!!..Ceci me paraît bien égoĩste comme sentiment....Je parle ici du sentiment,Aimer, dans tout le sens du terme...Si on ne reconnaît pas l'Amour à l'intérieur de Soi, comment peut-on Aimer?? Quand on Souffre, on fait Souffrir....Quand on Aime, on donne de l'Amour à Soi et autour de Soi..Ça va de Soit!!
Lyne
Ecrit par : Lyne | 01.07.2007
J'attends la réplique, de la Finesse d'Esprit Milique, concernant mon dernier message....
À toi Patrick,
Bisous..xoxoxox
Lyne
Ecrit par : Lyne | 09.07.2007
Bonjour LYNE,
Je suis désolé de n’avoir pas répondu plus tôt, je viens seulement de prendre connaissance de ta requête.
Bon ! Milique n’ a pas de réplique appropriée à ton propos !
J’en ai d’autant moins qu’il me semble qu’à peu de choses près, nous disons peu ou prou la même chose… de manière différente.
Simplement ce constat personnel : je me connais tous les défauts du monde et même ceux qui n’existent pas (c’est dire). Donc, je me déteste ou pour le moins, il s’en faut de beaucoup que je m’aime.
Néanmoins, (et nonobstant), je suis Aimé au-delà de l’espéré, et j’aime Aimer. C’est un état qui me convient bien.
Ainsi, il ne m’apparaît pas indispensable de savoir s’aimer pour l’être. Et puis, sommes-nous réellement les mieux placés pour savoir ce que nous sommes ?
C’est juste du vécu ! Basique, non ?
Tout autre avis vaut évidemment autant et potentiellement… plus.
A bientôt LYNE, et bisou à toi,
Patrick
PS : dis-moi… « la Finesse d'Esprit Milique ». Ce n’est pas beau de se moquer !
Ecrit par : MILIQUE | 16.07.2007
Patrick,
Je pense vraiment que tu as beaucoup de finesse d'esprit...Alors, je suis loin de me moquer de toi!!
Merci de réponse à ma requête..
Amitiés à toi..
Lyne
Ecrit par : Lyne | 16.07.2007
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