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15.07.2007

Matin lumineux - première partie -

J'adore les matins comme ceux -là où je me sens bien . L'odeur du café embaume la maison de l'ancien gardien.  Je viens de terminer mon petit déjeuner. Je sors sur la vérandaLe chant des vagues me calme.  Le ciel est bleu pâle comme timide.  Par de-là mer en survol  ma vue se perd

Petite Nancy serait fière de moi. Quatre mois que je suis non fumeuse.  Que je  savoure la vie. L'ivresse d'être à jeun et lucide.  Juste à penser au  mystère  du souffle j'en ai la chair de poule.  Dans ce matin lumineux, j''aimerai avoir quelqu'un avec qui échanger.

Dans ma vision périphérique,Il y a du mouvement.  Je détourne lentement mon regard vers la plage au loin un homme marche.  Il  semble venir vers moi.  À l'instant même une certitude. Il est l'heure de casser la solitude de la gardienne. Il est au pied de l'escalier.  Nos regards se croisent.  Je n'en crois pas mes yeux. C'est bien lui...

Je romps le silence

NANCY :

Cher Patrick, Bienvenue au Phare !  C'est un honneur de t'accueillir ici

MILIQUE:

C'est ici ton lieu de retraite.  J'ai fait tout ce chemin tu sais...

NANCY :

Quel chemin ?  Celui qui mène au phare ?

MILIQUE :

Oui, et aussi celui que je me suis autorisé à faire jusqu'à toi. Tant de fois déjà je suis venu au bout de la jetée disperser mon regard dans le vaste océan. Si souvent j’ai été tenté de venir jusqu’à ce phare qui paraissait m’encourager de son faisceau rythmé. Mais, par humilité et surtout , par respect... Tu comprends ?  Je sais tellement combien la solitude est apaisante parfois.  Alors, pourquoi ce matin, mes pas ont-ils franchis cette courte distance protectrice que tu avais pris soin d’interposer entre toi et l’agressivité possible du quotidien. 

J’ai eu comme la sensation que c’était le moment.  Je me suis même imaginé, cela est-il possible, être attendu ! Ça n’est décidément pas un matin comme les autres.  Oh, rassure-toi, ma conscience est forte de ne pas avoir grand-chose à apporter en ce lieu.  J’ai hésité encore un infime instant à m’approcher et puis… mon envie d’entendre le son de ta voix a été plus forte que ma réticence naturelle à…

NANCY :

Cassons nos réticences cher ami, moi c'est ton regard que j'avais hâte de croiser comme une confirmation de notre amitié nouvelle

MILIQUE :

Alors, concrétise ton contentement en me laissant faire quelques pas de plus...

NANCY :

Entre je vais te préparer un bon café

MILIQUE :

Merci à toi ! Je l’accepte bien volontiers.  Tu connais mon goût pour ce nectar…  Tu sais, c'est que j'ai tellement peur de déranger, toujours.  Il n’est pas anodin qu’il faille effectuer ce chemin pour parvenir jusqu à toi, jusque dans ce repère entre silence et vacarme qui jongle avec les perspectives changeantes proposées par l’horizon. Ce lieu semble bien avoir été choisi pour y installer ta mise en retraite volontaire.  Je ne sais pas si en de telles circonstances, j’accepterais la démarche !

NANCY :

Aux nombres de bouteilles à la mer que tu m'as déposées à chaque matin sur la grève du phare, je ne peux pas faire autrement que t'accueillir avec joie. Tu ferais de même avec moi j'en suis certaine.  Car  toi et moi n'arrivons jamais avec nos gros sabots chez les autres.  Nous avons la délicatesse de demander  si nous pouvons avancer chez l'autre.  Je te rassure tout de suite.  Ce matin je me suis levée en me disant : J'aimerais avoir quelqu'un avec qui échanger.  Je ne pensais pas que la vie allait m'envoyer de la si belle visite.  Tu es Milique...
Tu es vraiment Milique ?   Ici avec moi !

MILIQUE :

Je suis bien Milique. C’est  troublant cette confuse perception d’ondes d’attente tout à l’heure face à l’immensité.

NANCY :

Je n'en crois pas mes yeux ! Toi ici...

MILIQUE : 

Oui moi. Que moi.. Je suis ce quelqu’un.  Mais peut-être pas le quelqu’un attendu !  Pas trop déçue j'espère ?    
Je suis bien ici.  Je sais bien que j’y suis en lieu sûr, et il suffit grandement à mon bonheur que tu m’en ai ouvert l’accès. 
Ce phare est vraiment un gîte de granit érigé dans l’immense instable.  Pardonne-moi d’être venu troubler l’ordonnancement des souffles de silence.  Cet endroit respire l’apaisement. J’aimerais simplement être sûr que cela soit aussi ton cas !

NANCY :

Oui, le ciel est bleu et puissamment lumineux. Aucune tempête à l'horizon.   Profitons de cet accalmie pour prendre pleins de silences apaisants ensemble cher ami et  j'aurai le plaisir d' entendre tes mots...Tu es un porteur de mots que je respecte  et estime.   Je parle , je parle,  allez entre...

 

Commentaires

Bonjour à vous deux,


Vous êtes vraiment privilégiés, une telle amitié, dans le respect et dans la compréhension, comme j'aime vous lire.

Marraine

Ecrit par : marraine | 13.05.2007

Le phare ça grandit.

Ecrit par : théo | 14.05.2007

Bonjour Honorable "marraine",

Privilégié est précisément le terme que j'emploierais également.

Merci à Toi.

Ecrit par : MILIQUE | 16.05.2007

Bonjour Monsieur "théo",

C'est qu'il y règne une atmosphère tellement...
Il se vit là l'histoire d'une dépossesion et d'un difficile combat pour le retour à soi-même.

Dans ce lieu de verticalité, le plus confortable est de ... se tenir droit et fier.
Oui, "Le phare ça grandit" !

Merci.

Ecrit par : MILIQUE | 16.05.2007

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