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24.12.2006

Dialogue avec le Père Noël

 

Je me suis endormie sur le divan devant le foyer

Une main secoue mon épaule

J’ouvre les yeux

Devant moi j’aperçois un grand gaillard qui me fixe de ses yeux rieurs

Oh ! Shit le Père Noël ! Je l’avais oublié celui-là

Il ne ressemble pas du tout aux images commerciales que nous avons de lui.

Il est grand, à vue nez, je dirais qu’il mesure un bon six pieds et 4 pouces

Costaud mais sans embonpoint on dirait un coureur des bois.

 Il a des cheveux blancs, une bonne crinière toute ébouriffée vers l'arrière

Je suis incapable de deviner son âge… 40, 50, comme-ci il était trop jeune pour avoir des cheveux blancs

Il porte une veste d’hiver vert forêt en laine d’Autriche aucun rapport avec le rouge

Des pantalons bleu azur qui semblent être en denim super épais

Purée! Le Père Noël porte les mêmes souliers sport d’hiver que moi des Merrell rouges

Trop drôle!

Père Noël : Comment ça, tu veux me voir !

La gardienne : Pour que notre relation commence bien, j’apprécierais que vous enleviez vous bottes s.v.p J’ai frotté toute la journée. Merci!

Père Noël : Oups ! Bien sûre !

 

Il s’en va en toute vitesse porter ses bottes sur le tapis près de la porte.

Père Noël : Bon! As-tu quelque chose à me demander ?

La gardienne : Non !

Père Noël : Pourquoi tu voulais me voir ?

 

La gardienne  : Je ne le sais pas c’étais un trip pour mon blog. Je ne pensais pas que vous alliez atterrir dans mon imaginaire et que tout serait facile. Je pensais discuter avec vous mais là, je me sens comme censurée. Je suis bloquée. Je ne peux pas philosopher avec un genre de Sean Connery.

 

Père Noël : Merci !! C’est flatteur

 

La gardienne : Je pense que ce n’étais pas une bonne idée de vous demander de venir ici. Sans rancune mais je préfèrerais que vous partiez.

 

Père Noël : Je ne partirais pas sans avoir préalablement mangé mes biscuits aux chocolat avec un bon grand verre de lait

 

La gardienne : Pas question que vous restiez emportez avec vous la boîte de biscuits et la pinte de lait.

 

Père Noël : Je reconnais bien là l'un de tes traits de caractère que tu possèdes depuis toujours, petite au lieu de t’attacher, tu coupais les relations avant même de savoir si elles n'en valaient la peine.

 

La gardienne  :  Arrêtez vos grands discours. Je suis restée dans une relation sans fuir et j’en ai mangé toute une. Pas besoin d’un bonhomme, pseudo-humaniste pute d’un système capitaliste sans scrupule, pour me dire quoi que se soit. J’ai pas envie de voir personne pour cette veille de Noël. Beeeeeeeeeeee Bye!!

 

Père Noël : Nancy, je ne suis pas responsable de mon image. Elle appartient à un collectif, c'est à vous de la changer cette image avec les valeurs qui s'y rattachent. Je suis juste un symbole. Un produit commercial.

 

La gardienne : Pourquoi vous êtes venu au Phare ?

 

Père Noël : Je suis ton Père Noël. Celui que tu espères. Une homme rassurant, droit, honnête et bien dans sa tête. Avec l’année que tu viens de traverser et je dirais même avec la vie qui t’a malmené. Je suis fière de toi pour une chose.

 

La gardienne  : Laquelle ?

 

Père Noël : Tu crois encore à l’amour, à l’entraide et en l’humanité même si certain matin les nouvelles te sont insupportables.

 

La gardienne : Comment faire autrement chaque jour je reçois des preuves que l’humain est bon. Parfois j’ai le sentiment d’être la seule à rencontrer des caissières gentilles, des chauffeurs de taxi serviables, des bénévoles dévoués, des patrons compréhensifs à mon égard, des hommes dans le métro qui me donnent un coup de main pour porter mes bagages lourds, des agents du centre d’emploi qui corrigent les erreurs dans mes déclarations. Ils y a plein de gens gentils avec moi. J’ai des exemples plein la tête.

 

Père Noël : Le point en commun avec tout ces gens que tu viens de nommer c’est toi. La façon que nous rentrons en contact avec les autres modifie la nature de l’échange.

 

La gardienne  : Aïe ! Je vous arrête là ! Je vous ai dit de partir. Pis je suis pas vraiment gentille ce soir…Mettons !

 

Père Noël : Tu les ranges où tes biscuits ? J’ai faim !

 

La gardienne  : Vous avez vraiment la tête dure !

 

Père Noël : Je suis ton père Noël c’est toi qui me donne mes traits de caractère. Ho ! Ho !

 

La gardienne  : Le Ho! Ho ! Il ne vient pas de moi, ça vient de l’inconscient collectif.

 

Père Noël : Tu les ranges où tes biscuits ?

 

La gardienne : Sur le comptoir de la cuisine et le lait est dans le réfrigérateur. Moi je vais aller fumer une cigarette dehors.

 

Père Noël : Non fume ici, reste avec moi.

 

La gardienne  : Je ne veux pas fumer à l’intérieur. Ça empeste la maison. Je suis une fumeuse qui déteste la cigarette, chacun son bogue. Celui-là c’est le mien.

 Il me regarde avec des yeux qui me supplient de rester. Il a une bouille vraiment sympathique. Il m’énerve… 

La gardienne : C’est beau vous gagnez. Je vais fumer en d’dans c’est la veille de Noël. Disons que c’est exceptionnel.

Il ouvre la boîte de biscuit et mange comme un ados qui meurt de faim en arrivant du volleyball 

Père Noël : Des biscuits maisons il n’y a rien de meilleur.

Il boit à même la pinte de lait.

La gardienne  : Aïe ! Franchement prenez un verre ça m’écoeure !

Père Noël : Oh ! Une madame blanche ville !

 

La gardienne  : Ben là !

 

Père Noël : Tu as juste à écrire ton dialogue avec le Père Noël. C’est pas de ma faute si tu te censures.

 

La gardienne  : C’est beau, je ferme l’ordinateur. De toute façon vous m’énervez.

 

Père Noël : Ho ! Ho !

 

La gardienne : Ta gueule !

 

Père Noël : Ho ! Ho !

 

La gardienne  : C’est la première fois et la dernière fois que je demande à voir le Père Noël.

 

Père Noël : Ho ! Ho !

 

La gardienne : C’est fort l’inconscient collectif ! Purée !

 

Commentaires

Très émouvant cette visite...
Si je vous disais que j'ai fini la soirée en regardant un vieux James Bond avec Sean Connery...
Je retiens parmi, plein d'autres mots touchant, ceux-ci:
"Le point en commun de tout ces gens que tu viens de nommer c’est toi. La façon que nous rentrons en contact avec les autres modifie la nature de l’échange."
Belle journée à vous chère Nancy et relisez vous. Il a dit des choses très intéressantes à votre sujet Sean Noël.

Harry Steed

Ecrit par : Harry Steed | 25.12.2006

Bonjour NANCY,

Ainsi, il est vraiment venu!
Certes, il ne ressemblait pas vraiment au portrait hystérico-commercial qui nous en avait été fait jusque-là, mais bon...il a un look singulier, et c'est très bien comme ça... Effet de surprise garanti!

"J’ai pas envie de voir personne pour cette veille de Noël. Beeeeeeeeeeee Bye!!"
"Père Noël : Des biscuits maisons il n’y a rien de meilleur.
Il boit à même la pinte de lait."

Je constate cela: Le Père Noël arrive avant minuit en un certain Phare!
Il ne mange que des biscuits et boit du lait!
(Que sont devenues les provisions?)

"Père Noël : Je reconnais bien là tes traits de caractères que tu possèdes depuis toujours, petite au lieu de t’attacher tu coupais les relations avant même que tu savoir s'ils elles en valaient la peine."

Voilà bien un trait de caractère qui me concerne assez précisément!
La crainte de l'autre à priori! Non pas pour ce qu'il est bien sûr! Plutôt ce constat qui s'est avéré très rapidement au fil de l'existence... Prendre garde car apprécier, estimer, aimer, n'est souvent que souffrance en devenir, alors...
Se préserver, se protéger.

Egalement,
La gardienne : "Comment faire autrement chaque jour je reçois des preuves que l’humain est bon.
Ils y a plein de gens gentils avec moi. J’ai des exemples plein la tête."

Et ça, c'est évidemment bien du bonheur.
Vivre et y prendre du plaisir.
Avoir l'incommensurable joie d'être accepté par la vie.
Ressentir que tout ce que pense, fait, éprouve l'autre n'est que pour exacerbé notre sensation de bien être....
Peut-être est-ce la veillée Festive qui te conduit à cette sorte d'angélisme invétéré car enfin lorsque le Père Noël te dit :"La façon que nous rentrons en contact avec les autres modifie la nature de l’échange.", doit-on comprendre qu'à chaque fois que nous rencontrons la vilénie, la bassesse, la méchanceté, la cruauté, la malveillance, le mordant ou le vipérin sont aussi de notre fait?
Et en écrivant cela, je me rends compte que la réponse à cette question qui n'a même pas lieu d'être est: OUI!
Le proverbe ne dit-il pas que l'on ne récolte que ce que l'on sème!

Au final, je préfère, tout comme toi, partager la récolte avec ceux qui s'aiment.

"C’est fort l’inconscient collectif!".

A bientôt NANCY.
Amitié Vraie,
Patrick

Ecrit par : MILIQUE | 25.12.2006

Et voilà, le père Noél est reparti...
Petite Méline croyait trés fort au père Noél,parce que ses parents aimants faisaient tout pour, laissant même le café, le sucre , le lait pour que ce cher vieil homme se réchauffe quelque peu...
Méline a grandi et ne croit plus en rien ou si peu..
Par contre chère Innée il est vrai que la façon d'entrer en contact avec les autres modifie la nature de l'échange, les conflits dépendent de notre façon de nous comporter dés le départ..
J'ai aimé ton dialogue avec ce brave homme fort sympathique

Je t'embrasse

Méline

Ecrit par : Méline | 26.12.2006

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