J'ai perdu mon rire spontané
J'ai un égo d'acier comme protection
Je déteste le pathos
Les gratte-bobo
Les nombrils torturés
Je veux me voir
Sans pleurnicher
Sans sombrer dans le : Oh! Malheur! Oh! pauvre de moi!
Lucidité
Lucidité
et que de la lucidité
La douleur réel suffit
Pas besoin de son halo de merde futile
Et de ces projections mesquines
Je bois tranquillement un verre de rouge
Bientôt minuit
Minuit finit toujours par sonner
Malgré toute ma volonté
Le temps passe
Le séjour au Phare sera long
Je réalise qu'un lâcher prise
De cette envergure
N'arrivera pas sans effort
Depuis mon enfance
Je sais que je porte un don
Et je le refuse tous les jours
Il est lourd à porter
Il sabote tout mes rêves éveillés
Ce don m'empoisonne l'existence
Je ne sortirais pas d'ici
Tant et aussi longtemps
Que je n'aurais pas fait la paix avec moi
Le vent est doux et chaud
Rare pour cette période de l'année
Je vais aller me reverser un peu de rouge
et griller une cigarette...